Attitude Jam

A lire entre les lignes pour savoir quoi faire en situation de Jam…

Attitude Jam…
Pierre Bastide

Il y’a longtemps... C’était avant le confinement !
C’était un dimanche et avec les potes on partait bruncher au « Cafe 76 » sur la 76 entre ce bon vieux Missouri dégénéré à cause de tout ces français de  « dans le temps » et l’Oklahoma...Tous glandeurs professionnels et professionnels par nécessité. Mais surtout musiciens ! Bon on pêchait un peu à la mousse, pardon la mouche entre 2 gigs, festivals et jams sessions.
On connaissait un bon Mexicain - Fiesta Mexicana - à Page sur le lac Powell au-dessus du Glenn Canyon Dam en Arizona et un coin super pour camper et jouer au bord du lac à Lone Rock Primitive Beach. Primitive, ça nous plaisait ! Parmi les bourrache jaune, castillège indienne, penstemon écarlate, gilia rose, figuiers de Barbarie, échinocactus, astragale pourpre, mauve-globe rouge corail, rhubarbe sauvage, verveine du désert et la plus belle la rose des falaises, Cowania stansburiana... Avec Edward Abbey en poche on allait se régaler. Et le ranger était un pote qu’on connaissait de Arches National Park. On s’était rencontré il y’a... longtemps! Le Banjo, forcément....Il serait cool sur le Moonshine... entre autre ! Et pêcher si on pouvait passer avec le Boston les rapides du Superieur qui étaient super bas. Pas assez d’eau et ce putain de barrage n’arrangeait rien. Ni Mgr.Love non plus. Vous vous rappelez de Mgr.Love dans « Le gang de la clé à molette ». C’est lui. Doc l’avait sauvé de son infarctus et il était revenu.
On charge le 150. Attelle le trailer. Charge les munitions Blue Moon 48-pack et cubi de Franzia White Zinfandel Pink  Wine chez Sam Walton ( le papa de Walmart). Et on part pour 18 h à discuter. Et évidement, ça tombe sur : que faire pour que notre prochaine participation à une jam Session ne tourne en un remake de Apocalypse des Zombies : Le Retour de la Vengeance !
Dans le groupe, il y avait 2 flat pickers, 2 fiddlers, 3 mandolinistes, 1 contrebassiste et 2 banjoïstes... Dont le Frenchy. On jouait à peu près tous les styles surtout Californian Rock, Blues, Swing, Ole’timey et Bluegrass mais : Ozarks’Style ! Et on chantait tous... même moi. Et jouer XXX ans aux USA dont 16 avec eux, cela m’avait libéré! 😉
Pour Jack, super flat picker, il faut tout d’abord avoir un attitude « sociale », collaborative en étant super préparé avant... Genre pas plus de 5 bières avant le début. Et bien sûr avoir son instrument  réglé avec les cordes qui vont bien. Et on commence notre 300 ème discussion sur le mérite ou non des cordes plaquées gortex contre les NY steel. Mes préférées soit dit en passant. Et vous?
En se garant pour aller manger avec les autres au pire resto de poisson au monde - Long John Silver - John nous demanda où on en était sur le mémo Jam ? Résumé fait, il ajouta levant les yeux au ciel ! S’accorder régulièrement et apprendre un ou deux morceaux simples à  partager : une chanson et un instrumental... On éclata de rire en lui faisant remarquer qu’Hartford Réel et Hôtel California Bluegrass Style, y’avait plus simple pour jammer tranquillement. Surtout à la mandoline ! C’était ses morceaux fétiches...
On tombe d’accord pour laisser tomber Long John et on se rabat sur Arby’s et ses charmantes serveuses. Dixit Mark qui lui, avait les proportions de sa contrebasse. Pas d’alcool chez Arby’s mais y’avait ce qu’il fallait dans les glacières des trucks.
On dormît à tour de rôle en se relayant sur l’I40... Vous savez celle qui double la 66 qui en est la route de service.
Poses régulières en traversant un bout du Texas Panhandle... Je prends un bout de papier et je note tout ça pour le ressortir en cas de besoin. Et on ajoute des trucs du genre apprendre à trouver les accompagnements et leurs suites d'accords dans les tonalités de base G, C et D ou Sol, Do et Ré genre G-C-G-D-G ou G-Em-C-G-C-G, etc... et savoir utiliser un capo pour les Instruments qui en ont. Les veinards ! Et apprendre à lire les doigts des instruments d'accompagnement. Et là toute la bande on est assez fort car on tripote tous plusieurs clous. Et on n’hésite pas à se tourner vers celui qui prends le break pour le soutenir et lui permettre de se repérer. On est comme ça même en fin de soirée... ou début de matinée.
Au café chez Casey’s en attendant nos pizzas ananas Hamy’s Pineapple - la SM en 10 pouces me suffit - je récapitule. Et mes copains me regardent et insistent sur le fait que je suis banjoïste... Et ?... Ils sifflotent en mâchouillant se foutant pas mal de ce qui tombe sur leurs barbes et disent : ne pas jouez pas trop fort mais ne pas jouer trop doucement pour soutenir les soli. Avec toi ça ne risque rien ! Sur qui ça tombe ! Hein que je dis... Sur le banjo et en plus frenchy ! Et je me lance sur mon speech habituel sur l’apport de la civilisation française à leur existence... Genre le gravy et les frites, la géologie minière et Jacky Kennedy ! Non mais.
Après notre second full-size French Vanilla Mocca Coffee, on se dit qu’on n’arriverait pas avant la pleine nuit et on se garât tous en cercle sur un parking dédié aux campers pour se faire un en-cas en préparant un petit gin-fizz. Cool. Les amateurs de trucs qui sentent firent leur petit business et je relus mes notes aux potes.
« That’s great Pierre but maybe one or two more others stuff... How about ? » C’est important de simplifier sa technique instrumentale pour être à l'aise. Ouais, surtout toi qui est aussi violoniste en orchestre classique. Et tout le monde de rire! Of course. Puis on est tous tombé d’accord sur ne pas être consommateur mais acteur et que donc un simple solo d'accords est aussi un solo !
Sur ce je tire mon sac de couchage Coleman et le met à l’arrière du truck où je me fais une couche sur les glacières avec une légère migraine qui pointait.
Demain c’est Lone Rock Beach. That’s all, folks.
Une de nos sources de morceaux :http://canaaninstitute.org/docs/PaulieRaysBluegrassFakeBook.pdf

To Jam or not to Jam…

Pierre Bastide

Bien souvent , j’ai entendu les organisateurs d’événements Bluegrass – principalement des festivals – parler ou de discuter sur les questions artistiques ou techniques, mais jamais à propos de questions de jam sessions … En tant qu’organisateur de jam et jammeur, je connais les défis que présentent l’organisation de tels événements, et j’ai mes propres questions et interrogations que posent ce genre d’action, en particulier pendnat la tenue d’un festival.

Je suis un Jammeur et improvisateur depuis longtemps et j’aime ça. Je suis un Jammeur en Europe et aux USA … J’ai aussi beaucoup voyagé et joué de la musique dans les pays non-occidentaux… Je peux dire, que j’ai en effet une certaine expérience dans ce genre de sport.

Alors, qu’est-ce qu’est jammer ? Jammer fait partie de l’art de l’improvisation. Je ne vais pas faire un cours à propos de « Improvisation : Histoire, développement et pratique » maintenant, mais juste en quelques mots, voici mes idées.
L’objectif de la jam est d’ouvrir l’esprit des participants aux relations qui se passe quand les gens jouent de la musique les uns avec les autres, ainsi que les règles et l’étiquette nécessaires à une création musicale instantanée. Je pratique des improvisations collectives avec mes étudiants à l’Université depuis plus de 25 ans en mélangeant mélange des musiciens de différents niveaux et de différents types de musique: classique, rock, folk, ethnique, jazz, libre, bluegrass ou oldtime … Je ai pratiqué et enseigné la musicothérapie active depuis longtemps aussi et je suis reconnu dans ce domaine. Sur une longue période, j’ai fait des observations et des recherches et je peux confirmer que la jam est non seulement un « jeu » musical pour les musiciens purs, mais aussi une sorte de formation personnelle. Et elle est plus…

Vous pouvez découvrir que lorsque vous animez un « slow jam » pour les débutants que les gens découvrent les autres participants, ils sont en train de changer leur perception et la pratique de la musique. Les deux travaillent ensemble … Je suis attiré par le Bluegrass, le Blues et le Jazz parce que dans ce type de genres musicaux nous en avons une tradition. Nous avons des références historiques sur ce qui est arrivé dans les époques anciennes où les gens se sont réunis pour briser leur vie difficile et de partager humanité et de amitié entre eux. La musique était la meilleure façon d’obtenir ça, en particulier les personnes qui ne possèdent pas la même origine, la même histoire et la même langue. Et ça fonctionne toujours de nos jours. Peut-être qu’il est l’une des raisons – ou la seule – pour que les festivals et rencontres de Bluegrass existent.

• Jammer est un investissement personnel et un collectif !

Pratiquer l’improvisation est l’une des meilleures façons d’améliorer son propre rapport à la musique et d’autres personnes!. Il ouvre l’esprit pour mieux comprendre le processus de création. De plus, elle aide à comprendre les relations non-verbales, de trouver sa place dans un groupe et même au sein de la communauté dans son ensemble. Et il est une bonne démonstration pour expliquer que la musique ne soit pas une langue, mais un discours …

• La pratique de l’improvisation est un investissement !

Au cours des jam sessions les « cheveux gris » enseignent le répertoire, les traditions, les règles … Mais tous les participants sont dans la création de l’avenir de la musique et en particulier de la musique Bluegrass.

• Chaque jam est un investissement !

La plupart des groupes Bluegrass ont commencé comme jam band lors d’un festival ou d’événements en plein air, dans un parking. EBMA a remarqué que nous n’avons pas beaucoup d’enfants et de jeunes dans les événements Bluegrass, en particulier en Europe de l’Ouest. Peut-être que nous avons besoin d’être plus attrayante au cours des festivals, des concerts et des événements et d’offrir des confitures d’enfants, les enfants bluegrass ateliers, slow jams et confitures régulières pour les jeunes. A chaque événement!

• Chaque stage est un investissement !

Je regrette que les Jammers ne sont pas considérés comme un élément précieux des événements bluegrasseux. Les fans de Jam parfois ne se sentent pas les bienvenus, car il n’y a pas de lieux, avec des chaises à l’abri pour jouer sous la pluie ou le soleil, pas de boissons à proximité, pas de toilettes dans le coin, de poubelles, ou de zone relativement calme. .. Je propose que chaque concert ou un festival aie un lieu spécialement conçu comme zone de jam. Certains pourraient être «officiel», d’autres plus «informel». Peu importe comment …
Et je crains aussi malheureusement de trouver un grand nombre de jams « privées » qui sont « propriétés » d’un groupe, et où les membres du groupe jouent juste leur propre playlist avec des amis sélectionnés.
Cela n’indique pas une manière positive pour devenir un meilleur musicien. Même les musiciens bluegrass doivent ouvrir leur esprit aux autres…

• C’est un investissement pour l’avenir !

Après tout ça , êtes-vous prêt à Jammer lors de la prochaine saison estivale de bluegrass? Moi oui ! Donc à bientôt …

Pierre Bastide

http://www.pierre-bastide.net

Article en version française écrit pour EBMA.

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